Neuchâtel : lutte sociale dans le secteur de la santé

Interview de Thierry HUMBERT-DROZ et de Sarah BOCHUD réalisée à Neuchâtel pour le mensuel ARKADAŞ (Amis) à l’occasion de la manifestation de soutien aux grévistes de l’hôpital La Providence du samedi 26 janvier 2013 

Propos recueillis par Ali Korkmaz

A.K. : Bonjour Thierry HUMBERT-DROZ, peux-tu te présenter et peux-tu nous donner les raisons de ta présence ici, dans la tente dressée par les grévistes?

T.H.-D. : Je travaille depuis 23 ans à l’hôpital de La Providence à Neuchâtel et je suis ici aujourd’hui parce que je participe à la lutte que nous menons pour faire respecter notre Convention collective de travail (CCT) par le groupe Genolier Swiss Medical Network (GSMN) qui a racheté notre hôpital. Mais ce n’est pas tout, nous nous battons aussi pour le maintien de tous les postes de travail et contre les externalisations. C’est simple, pour nous, il faut que la loi soit appliquée et que les négociations qui ont commencé en juillet 2012 avec le nouvel employeur et l’Office de conciliation se poursuivent. C’est pour toutes ces raisons que nous sommes sous la tente des grévistes depuis la fin du mois de novembre 2012. Mais, malheureusement, pour l’instant il n’y a encore aucune garantie de pouvoir obtenir une CCT correcte. La seule chose qu’on demande de nous, c’est de respecter le cadre de la paix du travail. Mais, pour nous, c’est différent, nous n’avons pas d’autre choix, moi et mes camarades, que de continuer de lutter. Je me demande, compte-tenu de la façon dont la situation se développe partout dans le domaine de la santé, si je ne ferais pas mieux de ne me consacrer plus qu’à ça en devenant, par exemple, secrétaire syndical.

A.K. : Tu dis que les négociations sont déjà ouvertesdepuis juillet 2012 etque, depuis novembre 2012, vous avez dressé cette tente de grévistes en lutte. De plus, il y a la manifestation d’aujourd’hui qui réunit 800 personnes et les autorités et l’office de conciliation continuent de faire la sourde oreille ?

T.H :-D. : De toute façons, nous allons continuer la lutte jusqu’à ce que nos droits soient respectés.

A.K. : Bonjour Sarah Bochud, puis-je te demander ce que tu as pensé de la manifestation de ce matin à Neuchâtel et comment tu vois la poursuite de la mobilisation, ici, sous la tente des grévistes ? De même, j’ai remarqué que, malgré le froid intense (il a fait jusqu’à -8 degrés ce matin), le nombre de femmes qui se sont mobilisées pour participer à la manifestation est beaucoup plus élevé que le nombre de leurs camarades masculins, comment comprends-tu cela ?

S.B. : Oui c’est exact. Il y a plus de femmes que d’hommes qui se sont déplacées pour apporter leur soutien à notre grève. Il faut dire que les femmes sont très fortement représentées dans le domaine de la santé. Il y aplus d’infirmières que d’infirmiers. Pour ma part, je suis assistante en soins et pense, pour ce qui est du froid, que la situation métrologique ne devrait pas influencer notre combat. Je dirais même que je suis très contente de voir l’élan de soutien et d’entendre les témoignagesde solidarité de la part des syndicats, des partis politiques et des associations.

Ce qui est clair cêst que nous allons nous battre jusqu’à ce que nous obtenions satisfaction sur nos revendications et j’ai bon espoir qu’après nous puissions retrouver la voie de la paix du travail qui nous est demandée.

A.K. : En vous remerciant tous les deux d’avoir répondu à mes questions, je tiens à vous exprimer tous mes vœux de succès pour votre combat et à vous assurer du soutien des lecteurs et éditeurs du journal Arkadaş.

Arkadaş (Amis) Suisse romende