Alain BRINGOLF- Les libéraux radicaux conforment à eux-même

Il y a quatre ans, le parti libéral-radical proposait cinq candidats pour l’accession au Conseil d’Etat à savoir : Debély Roland, conseiller d’Etat sortant, Gnaegi Philippe, directeur de l’Ecole supérieure de commerce du Lycée Jean-Piaget, Hainard Frédéric, procureur suppléant, Haussener Olivier, entrepreneur, Nicati Claude, procureur général suppléant de la Confédération.

Les dirigeants de ce parti savaient que Nicati et Hainard se détestaient autant que François Fillon déteste Jean-François Copé. Par ailleurs, la personnalité hors normes d’Hainard était également largement connue et pas seulement au sein des milieux politiques. Pourtant ils n’ont pas hésité à les présenter en complément de Debély, un piètre député n’ayant pas le niveau politique nécessaire pour devenir un membre de gouvernement ou un homme d’Etat, comme ils disent.

Peu importe les qualités et les compétences si on présume que les prétendants peuvent glaner des voix.

On connaît le résultat de cette stratégie libérale. Debély n’a pas été réélu. Hainard a du démissionner en cours de route, remplacer par un Grosjean populaire mais sans expérience politique. Nicati a été éjecté de son propre parti par une nouvelle stratégie d’élections internes ce qui l’a poussé à démissionner. Il est probable qu’il ne retrouvera pas son fauteuil.

A quelques mois de la prochaine échéance, la recherche de candidats se poursuit. Elle est basée sur l’arrogante exigence d’avoir droit à trois représentants libéraux à l’exécutif.

Or, voilà que par malheur un « bon » libéral, Alain Ribaux, se présente. La presse neuchâteloise nous apprend que certains membres de son parti lui sont déjà hostiles. Pour des raisons politiques ? Non, mais parce que ses qualités sont tellement au-dessus de celles des autres candidats, que cela pourrait leur nuire !

Et l’objectif de retrouver trois libéraux au Conseil d’Etat faire chou blanc.

Ainsi huit candidats se présentent à la sentence interne. Aucune femme, les deux ministres sortants et six « nouveaux » autour d’Alain Ribaux, conseiller national et conseiller communal (exécutif) de la ville de Neuchâtel. Christian Blandenier un avocat notaire rusé, Andreas Jurt, patron du Crédit suisse Neuchâtel opposé au consensus qui ralentit les décisions et favorable à une gestion basée sur des priorités et des sacrifices. On connaît ce genre de propos et on sait sur qui les sacrifices reposent lorsqu’ils sont mis en exécution. On ajoute François Kistler, chef d’entreprise, Marc-André Nardin avocat notaire et Jean-Paul Weitstein, nouveau conseiller communal au Locle et le tour est joué, les déléguées du parti choisiront démocratiquement.

Finalement, ces choix exposent au grand jour la stratégie libérale. Occuper des places non par la qualité politique de ses représentants, mais par l’opportunisme de leur élection. Il n’y a que ce qui rapporte immédiatement qui compte et l’ancien Conseiller d’Etat libéral, Jacques Béguin l’avait exprimer il y a quelques années au Grand conseil : « ce qu’il y a de bien en politique, c’est qu’un emmerdement chasse l’autre ».

On ne saurait mieux dire et vogue la galère.

ABr