ALAIN Bringhof- Après le refus du TransRUN

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La votation contre le TransRUN-RER neuchâtelois a causé une onde de choc chez les partisans du projet notamment dans les Montagnes.

Sur le plan politique, le POP estime que « le NON a mis en péril ce qui était en train de se construire au niveau du canton. Un projet d’amélioration de la cohésion cantonale par le Réseau Urbain Neuchâtelois (RUN). (…) Ce projet devait permettre le développement d’une agglomération des Montagnes et d’une agglomération du Littoral selon un concept novateur reconnu par la Confédération. Deux pôles d’égale importance auxquels toutes les régions étaient reliées. Les régions y ont travaillé, elles ont signé des accords de collaboration, personne n’était laissé pour compte. C’est de ce travail que sont nées les nouvelles communes de Val-de-Ruz et de Val-de-Travers. Ce projet impliquait des liaisons performantes. Depuis le début, le Transrun en était la colonne vertébrale et les dessertes RER, les voies de liaison vers les régions ».

Cette approche patiente aurait dû être concrétisée par une large acceptation populaire. Pourtant… « Il y a eu un problème de confiance de la part des régions. Pour le Val-de-Travers et le Littoral, le manque de confiance ne s’explique pas car les dessertes étaient définies par le projet et clairement meilleures qu’aujourd’hui. Pour le Val-de-Ruz, le projet était moins précis, insuffisamment précis en fait. Il est dommage que le projet n’ait pas été complètement développé avant sa présentation à l’aval populaire ».

Les popistes estiment que « Le NON constitue donc beaucoup plus que le refus du Transrun : c’est l’échec d’un travail de réunion cantonal, c’est l’éclatement du canton, le retour aux antinomies grandes villes contre régions, villes contre campagne, régions contre régions.

Nous avons raté la chance de donner à certaines personnes la possibilité de prendre le train plutôt que la voiture. Les routes et les villes du canton risquent d’être encore plus saturées par le trafic ».

Le constat étant posé, le parti estime que le devoir de tout le canton est de se remettre au travail pour empêcher la désagrégation des relations intra cantonales, ceci par une réponse « transports publics » performants dans le sens de réunir à nouveau les régions qui forment le canton de Neuchâtel.

Enfin, le POP analyse que « Le canton s’est affaibli à l’intérieur, mais aussi face à ses voisins et à la Confédération :

Perte des subventions confédérales pour les agglomérations puisque le concept d’agglomération saute avec le refus du Transrun-RER. Toute autre solution se fera très probablement à nos frais.

Perte de crédibilité par rapport à la France. Le TGV Rhin-Rhône et la liaison Besançon-Paris passent à nos portes. Encore faut-il pouvoir les rejoindre…

Impossibilité de développer la ligne du pied du Jura à cause du goulet de Vausseyon, ligne qui risque d’être toujours plus négligée par les CFF et qui est notre liaison avec le réseau suisse et la France par Pontarlier ».

Concernant le Conseil d’Etat, le POP reconnaît qu’il s’est battu pour ce projet mais beaucoup trop tard et en compliquant la lecture auprès de la population par diverses prises de position, déclarations alarmistes et attitudes politiques ambiguës et dont nous avons parlé dans notre précédent article sur ce sujet relevant les doubles discours du gouvernement.

« Se remettre au travail est donc objectivement urgent pour tous les habitants du canton qui ne souhaitent ni être égoïstes, ni être abandonnants ou abandonnés, ni perdre leurs liaisons internes et externes » conclut le rapport du POP. Soulignons que cette analyse du parti a été reprise par le comité de soutien au TransRUN qui la partage.

En réaction au vote, une Association « Le Haut veut vivre » s’est crée. Elle c’est mise au travail et vient de décider du lancement d’une initiative citoyenne en faveur d’une liaison ferroviaire rapide entre le Haut et le Bas du canton de Neuchâtel.  Cette initiative demande une liaison La Chaux-de-Fonds à Neuchâtel en 17 minutes et sa réalisation et mise en service avant 2025.

Les initiants ont six mois pour récolter les 4500 signatures nécessaires pour valider leur initiative.